La reconversion

Un tiers des chômeurs change d'emploi

Un tiers des chômeurs change d'emploi

Les jeunes et les demandeurs d'emploi de longue durée sont les plus nombreux à se reconvertir. Des changements de trajectoire plus souvent subis que choisis, selon une étude de Pôle Emploi.

Face à la conjoncture, la réorientation professionnelle est un enjeu important pour les chômeurs. Alors que chaque année, plus de deux millions de demandeurs retrouvent un travail, pour plus d'un tiers d'entre eux cela est consécutif à un changement professionnel, explique une étude publiée par Pôle Emploi

Qui change d'emploi ?

Les personnes les plus mobiles professionnellement sont les jeunes de moins de 35 ans et les chômeurs les moins qualifiés. Pour les moins expérimentés, ce "changement de métier peut soit constituer un réajustement entre le métier désiré et la formation initiale, soit correspondre à une simple opportunité d'emploi pour sortir du chômage", explique Pôle Emploi. Quelque 41% des moins de 25 ans changent ainsi d'orientation professionnelle pour s'insérer durablement sur le marché du travail.

Les ouvriers et les employés non-qualifiés sont également particulièrement concernés par des évolutions professionnelles. C'est surtout le cas de chômeurs exerçant jusqu'alors dans le secteur de l'industrie. "Cette plus grande mobilité des niveaux de qualification les plus faibles manifeste une plus grande difficulté à se fixer sur un domaine professionnel ou à l'inverse de plus larges opportunités de mobilité ascendante", détaillent les auteurs de l'étude. La logique est la même pour les demandeurs d'emploi de longue durée (un an ou plus sans emploi). Pour eux, le "changement de métier se présente alors comme la seule issue possible pour sortir du chômage", analyse Pôle Emploi.

Des changements professionnels subis ?

Pour la majorité des personnes interrogées par Pôle Emploi, leur mobilité professionnelle tient essentiellement au "hasard de la vie" ou encore à "l'urgence de reprendre un emploi" plus qu'à un choix raisonné. C'est probablement vrai pour les femmes : 71% d'entre elles évoquent des contraintes personnelles pour justifier leur nouveau métier, contre 45% des hommes.

"Les femmes, moins mobiles professionnellement que leurs homologues masculins, ont une probabilité (...) de 51% de changer de métier parce qu'elles ne trouvent pas d'emploi dans leur domaine, soit 9,9 points de plus par rapport aux hommes", détaillent les auteurs de l'étude. Les femmes sont également plus nombreuses à vouloir reprendre leur ancienne activité quand les hommes déclarent plus volontiers avoir changé de métier par rejet de l'ancien.

Changer d'emploi, et après ?

Sans surprise, quand la mobilité professionnelle est choisie, son impact est plus positif que lorsqu'elle est subie. Ainsi, "58% des personnes ont obtenu un CDI" quand elles ont choisi d'évoluer contre 42% pour celles qui ont fait face à la nécessité de retravailler. Dans la même logique, les personnes ayant fait le choix de se réorienter ont obtenu un salaire plus élevé (53%), trouvé des horaires moins exigeantes (67%) ou encore vu leurs relations au travail s'améliorer (74%).

Pour autant, la mobilité professionnelle n'est pas gage de stabilité dans l'emploi. Durant l'enquête, une personne sur six était déjà sortie du monde du travail. Cela tient évidemment à l'âge, à la qualification ou encore au niveau d'études des demandeurs d'emploi mais également au métier trouvé suite à leur sortie du chômage. L'artisanat est par exemple bien plus instable professionnellement que l'informatique.

 

En complément

Etude basée sur deux enquêtes auprès de 13.000 et de 30.000 demandeurs d'emploi inscrits à Pôle emploi fin décembre 2009 en catégories A, B et C.

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le 15/04/2014 par Guirec Gombert



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