La démission

Pourquoi démissionne-t-on ?

Pourquoi démissionne-t-on ?

Qui change d'emploi en France et pour quelles raisons ? A cause d'un chef trop intrusif, de tickets-resto pas assez élevés, de collègues pénibles ?

"Parce qu'il y avait un cours de Zumba au séminaire de rentrée".

"Parce que leur pot de départ, ils sont mortels, je voulais qu'ils m'en organisent un".

"Ils ont bloqué Facebook".

"Mon responsable, il pouvait voir mon ordi depuis son bureau".

Le salaire, première cause de démission

Certaines de ces raisons, extraites de Bloqués, une émission diffusée sur Canal +, vous ont peut-être déjà aussi conduit à démissionner. Mais quand on questionne les salariés sur leurs motivations à quitter l'entreprise, la première cause invoquée c'est le salaire. Plus de la moitié des personnes (53%) interrogées par OpinionWay sur ce sujet répondent donc la rémunération, suivis par le souhait d'une promotion (35%). Un tiers d'entre eux attendent ainsi une opportunité professionnelle et 21% veulent intégrer une entreprise plus stimulante pour la suite de leur parcours professionnel. Les avantages sociaux (26 %) et les avantages en nature (20 %) sont d'autres facteurs qui pousseraient les salariés à partir. Parmi ces avantages, citons une crèche d'entreprise, les titres restaurant, un véhicules de fonction ou encore une mutuelle. Seulement 7% répondent à cause de leurs collègues mais 12% évoquent leur supérieur hiérarchique.

Un autre sondage réalisé par la firme de recrutement David Aplin Group donne sensiblement les mêmes résultats. Même si les employés interrogés mettent davantage l'accent sur le manque d'intégrité de l'entreprise ou encore le manque de confiance en leur direction. La culture d'entreprise pèse donc dans le choix des démissionnaires. Les responsables des ressources humaines interrogés pour ce même sondage en ont bien conscience puisqu'ils citent aussi qu'un salaire trop faible ou encore le manque de reconnaissance entraînait le départ des collaborateurs. 

La position inconfortable du démissionnaire

Mais est-ce si simple de démissionner ? Dans un précédent article, les témoignages de salariés permettaient de comprendre à quel point la position du démissionnaire est inconfortable. D'ailleurs, si l'on en croit les chiffres publiés en 2011 par le cabinet Mercer si un tiers des salariés veulent démissionner, seuls 10% passent à l'acte. Et d'après le sondage OpinionWay si 51% des salariés déclarent qu'ils aimeraient changer d'entreprise, seulement 16% se disent prêts à vouloir vraiment changer d'entreprise... Courageux mais pas téméraires les Français ? Le contexte économique a certainement limiter leurs ardeurs. Mais ont-il tort de rester au chaud ? Une récente étude du cabinet Robert Half explique que "lors d’un recrutement 83% des directeurs administratifs et financiers (DAF) élimineraient les candidats job zappeur". Et pas besoin de changer de métier tous les mois pour être considéré comme tel. Pour les DAF interrogés, il suffit d'avoir exercé trois métiers différents au cours des 10 dernières années. Soit en moyenne 3,3 ans pour chaque poste. Finalement, comme l'a également démontré l'universitaire Jean Pralong, la fidélité en entreprise paie. Etudiant la carrière des cadres, il explique ainsi que si "l'image d'Épinal ne montre que les cadres les plus mobiles, prêts à toujours changer d’entreprise (...) même pour eux, passé 35 ans, il deviendra nécessaire de se poser dans une entreprise sous peine d’être perçus comme peu stables et de voir ensuite leur évolution de carrière stagner".

Alors finalement qui change d'emploi en France ? Les mieux lotis et les plus informés du marché du travail, répond le Centre d'études de l'emploi. Ce sont les "jeunes dont les conditions d’emploi sont les plus favorables qui ont une probabilité plus importante d’avoir une mobilité volontaire". Leur probabilité est encore plus grande de démissionner s'ils déclarent vouloir "gagner plus d'argent, avoir une meilleure reconnaissance dans leur travail ou encore monter dans la hiérarchie (...). Finalement, les salariés occupant des emplois de faible qualité sont ceux qui accordent le plus d’importance à conserver leur emploi stable, ce qui peut expliquer leur plus faible mobilité volontaire".  En clair, les salariés prennent le risque de démissionner quand ce risque est calculé. CQFD...

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le 16/10/2015 par Guirec Gombert



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