Progresser en entreprise

Pour faire carrière, révisez la « règle des trois » !

Pour faire carrière, révisez la « règle des trois » !

Dans une tribune publiée sur le site de la Harvard Business Review, l’universitaire Jean Pralong revient sur ces profils qui cumulent les attributs de la réussite : encadrement d’une équipe, revenus croissants et satisfaction personnelle.

« Pourquoi deux individus qui sortent de formations identiques en même temps vont-ils se retrouver dans des positions de réussite différentes quelques années plus tard ? » C’est la question à laquelle Jean Pralong, professeur associé de gestion des ressources humaines et titulaire de la chaire « Nouvelles Carrières » à NEOMA Business School, tente de répondre dans un article publié sur le site de la Harvard Business Review. Son angle d’attaque : définir ce qu’est la réussite au vu de critères objectifs – revenus et position hiérarchique – et subjectif, la satisfaction personnelle. Ce qu’il nomme la « règle des trois » qui « structure toujours la pensée du salarié français ».

L’auteur estime en effet que la notion de réussite repose encore sur le triptyque management, revenus et satisfaction. Une « survivance (qui) rappelle les temps où la carrière était cette progression lente mais régulière des responsabilités et des revenus », poursuit Jean Pralong. Selon lui, quatre schémas peuvent alors expliquer qu’à compétences égales, les salariés connaissent ensuite des différences de réussite.

Technicien ou stratège ?

Les techniciens se concentrent sur « l’excellence technique ». Ils perçoivent leur mission comme l’usage d’un savoir précis dans un domaine d’expertise circonscrit. Une approche de leur métier qui aboutit à des « comportements dysfonctionnels : rétention d’informations et, surtout, une mauvaise priorisation », juge le chercheur.

Les stratèges eux replacent leur fonction dans une stratégie d’entreprise. ils cherchent à connaître les concurrents, le positionnement de leur entreprise, ils s’intéressent à leur environnement (managers, collègues, partenaires, etc.). « Ce sont ces personnes qui, à compétences égales, réussissent durablement dans les entreprises ».

Seul ou en réseau ?

Les solitaires ne font confiance qu’à un nombre limité de collègues. Alors qu’ils font peu confiance à ceux qui les entourent, ils sollicitent aussi plus volontiers un collègue incompétent mais qu’ils connaissent plutôt qu’un acteur inconnu.

Ceux qui à l’inverse travaillent en réseau cherchent à découvrir les compétences de leurs collègues et à développer des relations équitables avec eux. « C’est pour eux que la règle des trois s’applique : satisfaction, évolution hiérarchique et progression du salaire ».

Foi vs vocation ?

Selon l’universitaire, de nombreux cadres pensent avoir une « vocation ». Le travail est alors vécu comme une contribution à leur développement personnel. A priori, cela semble plutôt positif mais ces salariés auraient tendance à limiter les opportunités qu’ils pourraient saisir et à surestimer leurs compétences.

Au contraire, les « opportunistes » ne se limitent pas aux seuls projets de leur métier et s’intéressent aux autres fonctions. « Les faits leur donnent raison : pour que joue la règle des trois, il faut pouvoir naviguer de poste en poste sans a priori et se laisser séduire par des propositions imprévues ».

Le cœur ou la raison ?

Le marché du travail peut être perçu différemment par les salariés. Incertain, il serait aussi un monde où les passe-droits et la chance priment sur l’expérience et les compétences. Une vision qui n’incite pas à changer d’emploi par crainte de l’échec et donc à stagner à son poste.

« A contrario, penser que le marché est rationnel et qu’il récompense les talents aide à prendre des risques calculés, à tenter des mobilités inattendues et, finalement, à progresser ».

> Tous nos conseils pour Progresser en entreprise 

Est-ce à dire qu’il faut nécessairement privilégier la mobilité pour « faire carrière » ? Les choses sont plus complexes rappelle Jean Pralong. Déjà, il suffit de regarder autour de soi pour constater que de nombreux collègues ont déjà cumulé 10, 15 ans voire plus dans l’entreprise, prouvant toujours « une appétence pour la mobilité interne et la fidélité ». Un calcul payant : les cadres qui s’inscrivent dans la durée sont ceux qui gravissent le plus les échelons, voient leur salaire régulièrement augmenter et donc in fine, ils sont les plus satisfaits de leur position. Une fois cela dit, reste à appliquer les bons comportements pour y parvenir.

 > Lire aussi : « La fidélité, une stratégie payante pour les cadres »

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le 17/09/2015 par Guirec Gombert


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