La vie en entreprise

Faut-il être ami avec son supérieur ?

Faut-il être ami avec son supérieur ?

Entre collègues, les relations de travail évoluent souvent sur l'air de "je t'aime, moi non plus".

Pour certains, c'est une règle d'or : on ne mélange pas vie privée et vie professionnelle. Mais cette séparation, toute artificielle, ne tient pas souvent la route. Déjà parce qu'on passe plus de temps au travail qu'à son domicile, ensuite parce que les occasions de voir ses collègues en dehors de l'entreprise sont nombreuses : afterwork, séminaires, déjeuners, dîners, apéros, etc.

Les pots d'entreprise, facteur de convivialité

Selon un sondage Ifop, réalisé en novembre 2011, 9 salariés sur 10 participent au moins à un apéro par an dans leur société et 27% trinquent plusieurs fois par mois. Des moments de convivialité où l'on s'épanche et qui permettent aux collègues de pénétrer progressivement l'intimité de chacun. De fait, une amitié forte et durable peut naître avec pour ciment le travail.

Avec un collègue, cela peut être facile à vivre, surtout s'il n'y a aucun risque de concurrence. C'est même plutôt sain : il est préférable de travailler dans un cadre où l'on a plaisir à retrouver ses collègues que l'inverse. Mais avec son boss ?

Mon chef, mon ami

Une amitié peut aussi se nouer avec son supérieur hiérarchique. Parfois, c'est un collègue qui obtient une promotion et manage ses anciens collègues. Si c'était son plan de carrière et que nul ne souffre de son ambition, son évolution en interne ne sera pas mal vécue. Mais ensuite, encore faut-il réussir à accepter ses ordres, qu'il sache diriger sans privilégier ses amis et qu'il ne donne pas d'ordre en dehors du travail. Autant dire que cela peut mettre une amitié à rude épreuve.

Cette amitié avec un supérieur hiérarchique peut aussi naître dans un rapport hiérarchique préexistant. Dans ce cas, c'est souvent un rapport basé sur le respect. Le salarié voit son supérieur comme un mentor. Il respecte ses ordres qui lui paraissent pertinents. Jusqu'à ce que l'élève dépasse le maître ? On peut le penser.

Les cadres croient davantage en l'amitié

Les Français ne sont pas nécessairement dupes des enjeux de pouvoir et des risques à trop sympathiser avec leur boss. Seulement un salarié sur 5 pense que l'on peut être ami avec son patron, selon un sondage Terra Femina, réalisé en octobre 2012. En revanche, 71% jugent qu'il "est possible de bien s'entendre avec son chef, son patron, mais sans être ami". Les cadres - peut-être parce qu'ils sont eux-mêmes tentés de nouer des relations d'amitié avec leur équipe - croient davantage en l'amitié avec son chef (36%) ainsi que les employés de petites entreprises (25%).

Finalement, à chacun de mettre ses propres limites. Mais pour rappel, en 2013, une société a finalement été condamnée à verser plus de 200 000 euros à l'un de ses anciens employés, licencié pour harcèlement moral et sexuel. Lui se défendait d'avoir harcelé une de ses collaboratrices. Les juges sont allés dans son sens : sa collègue subalterne avait signé de nombreux par "bises" ou "bisous". Pour la Cour de cassation, ils étaient trop proches pour retenir le harcèlement sexuel et moral.

 


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le 17/09/2014



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