Rémunération

Comment lire ma fiche de paie ?

Comment lire ma fiche de paie ?

Coefficient, cotisations salariales, cotisations patronales, primes, salaire brut, net, congés acquis ou pris… Difficile de s’y retrouver entre tous les chiffres des lignes du bulletin de paie. Les fiches de paie sont censées être plus accessibles depuis la suppression d'une quinzaine de lignes le 1er janvier 2015. Toutefois, une explication de texte s’impose toujours.

En haut du bulletin de salaire figurent généralement plusieurs encarts. L’un contient le nom et l’adresse de votre entreprise. Un autre encart mentionne les numéros de siret, APE et le type de convention collective. Connaître ces éléments vous permettra d’en savoir plus sur vos droits en tant que salarié. Rappelons également que le bulletin de paie doit refléter à l'identique le contrat de travail : pensez à comparer les deux !

Vous trouverez également sur la partie supérieure de votre bulletin un encart contenant les informations suivantes : la date de paiement du salaire, la période concerné, votre numéro de salarié (inutile pour vous) ainsi que le rappel de votre numéro de sécurité sociale.

Les informations "professionnelles"

D’autres informations liées à la fonction et au poste sont indiquées et pas toujours simple à comprendre pour le salarié. La variation du salaire minimum et maximum dépend de certains critères comme le niveau d'expérience et les diplômes :

- l’intitulé du poste exercé. Par exemple : conducteur, rédacteur web, animateur socioculturel…),

- la classification professionnelle (cadre, non cadre, assimilé…), elle définit le niveau du salarié dans l'entreprise en fonction de ses compétences et de son ancienneté dans l'emploi proposé, et en fonction des tâches demandées. Elle est composée de la qualification de l'emploi (ouvrier, employé, agent de maîtrise, cadre), d'un niveau et/ou d'un coefficient selon la convention collective qui s’applique. A noter que la qualification figurant sur le bulletin de salaire ne fait foi que jusqu'à preuve du contraire.

- le coefficient (60, 120, 130, 140...) est attribué au salarié en fonction de plusieurs paramètres : le poste occupé, la qualification, la formation, le diplôme… Il est en notamment déterminé en fonction d’un barème (une liste des différents diplômes et des coefficients correspondant). Mais pas seulement puisque chaque convention collective a sa propre grille de classification regroupant les coefficients hiérarchiques et les critères y correspondant. Le coefficient rentre en compte dans le calcul de la prime d'ancienneté mais aussi dans le salaire minimum annuel, salaire dont le montant doit être respecté par l’employeur.

- le statut (employés/ouvriers, TAM  soit techniciens/agents de maîtrise ou cadres. Technicien assimilé cadre niveau 2.2, cadre niveau 3

- la catégorie socioprofessionnellese décline en trois parties : la catégorie I pour les emplois non qualifiés, la catégorie II pour les emplois qualifiés, et la catégorie III pour les emplois très qualifiés (on parlera de catégories 1, B et C pour le service public).

- le niveau correspond au type d'emploi exercé par le salarié. Il est en lien avec le niveau d'études :

Niveau I - emplois d'exécutant (pas de diplôme)

Niveau II - emplois spécialisés (CAP)

Niveau III - emplois qualifiés (BEP)

Niveau IV - emplois hautement qualifiés (BAC/BTS/DUT)

Niveau V - cadres / ingénieurs / manager.

- l’échelon est une sous-branche du niveau précisant à l'intérieur même d'un niveau le travail exécuté ainsi que les responsabilités qui en découlent.

Sont également indiqués le salaire mensuel, la date d’entrée dans l’entreprise, vos horaires (ex : 35h).

La partie « Désignation »

Passée la partie supérieure de votre fiche de paie, vient ensuite un grand tableau composé d’un enchaînement de lignes dont la plupart des salariés ne comprennent que quelques bribes.

Sachez avant tout que la première lettre de chaque ligne est une abréviation indiquant à qui on paie la cotisation : S pour sécurité sociale, C pour l'assurance chômage, P pour la prévoyance, M pour la mutuelle, R pour les retraites complémentaires (ou « Arrco ») pour tous les salariés) et G pour les retraites complémentaires pour les cadres, (« Agirc »), qui complète l'Arrco.

Les éléments du brut

- Appointements forf : salaire de base au forfait jour (pour les cadres)

- Abs jour férié : absence pendant les jours fériés

- Indemnités jour férié : indemnité de salaire liée aux jours fériés

- Rémunération brute : votre salaire avant le prélèvement de toutes les cotisations.

Les cotisations salariales et patronales URSSAFF

- Maladie TT : ensemble des cotisations sociales prélevées sur le salaire

- Vieillesse TA, Vieillesse TT : Cotisations salariales et patronales de Sécurité sociale

- S FNAL TA : cotisation due par l’employeur calculée sur la rémunération brute servant à financer l'allocation d'aide au logement. Le taux de cotisation varie en fonction de l'effectif de l'entreprise.

- S Acc. Travail TT : cotisation couvrant les risques d’accident du travail, lors du trajet et les maladies professionnelles.

A noter que « TT » signifie « toutes tranches » c’est-à-dire que la cotisation porte sur l'ensemble de votre salaire brut ; et les expressions « TA, TB, TC, T2 » désignent  les tranches servant à calculer d'autres cotisations.

Les cotisations salariales et patronales URSSAFF

- SS Solidarité Auto TT : cotisation servant au financement de l'allocation de solidarité spécifique (ASS).

- S FNAL SUP TA, S FNAL SUP DEPLAF : contribution supplémentaire au Fonds National d'Aide au Logement (FNAL). Attention, à partir de 2015, cotisation de base et contribution supplémentaire fusionnent !

- S TRANSPORT TT : cotisation patronale calculée sur la rémunération brute servant à financer les transports en commun.

- S AF TX normal TT : cotisation servant à financer les allocations familiales, dont le taux est de 3,45% pour les salariés dont la rémunération annuelle est inférieure à 1,6 x smic mensuel (sur 12 mois).

- S SUPP AF TT : depuis le 1er janvier 2015, dans le cadre de la mise en place du pacte de responsabilité, une cotisation supplémentaire au taux de 1,8% se déclenche pour les autres salariés afin d’arriver au taux appliqué auparavant de 5,25%.

- CGS déductible : Contribution Sociale Généralisée du revenu totalement déductible à la charge exclusive du salarié.

Les cotisations salariales et patronales au titre de l’assurance chômage

- C chômage RAC TA, C chômage RAC TB : les cotisations d’assurance chômage (RAC) sont déclarées mensuellement ou trimestriellement et versées à l'URSSAF. L’Unedic est chargée de gérer paritairement l'assurance chômage en France.

- C chômage FNGS (ou AGS) : Cotisation patronale destinée au Fonds National de Garantie des Salaires, permettant, en cas de redressement ou de liquidation judiciaire de l’entreprise, le paiement des salaires aux salariés de l'entreprise.

Les cotisations salariales et patronales au titre de la retraite complémentaire

Cotisations retraite, cadre et non-cadre, versées aux organismes de retraite complémentaire :

- AGFF TA ET TB : cotisations destinées au financement de la retraite complémentaire (AGIRC et ARRCO) de 60 à 65 ans, calculées sur la tranche A et sur la tranche B des rémunérations. ARRCO TA

- AGIRC TB et CET : cotisations sont versées à l’Association Générale des Institutions de Retraite complémentaire des Cadres. La Contribution Exceptionnelle et Temporaire (CET) est due par les cadres et assimilés (et leurs employeurs) et est destinée à compenser la suppression depuis 1997 d'anciens systèmes de cotisations forfaitaires et garanties.

- APEC TA ET TB : cotisations finançant l'Association Pour l'Emploi des Cadres, organisme d’aide au reclassement des cadres au chômage.

Les cotisations salariales et patronales pour la mutuelle prévoyance obligatoire

P Prévoyance TA et TB : cotisations destinées à compléter les prestations des régimes de base de la Sécurité sociale (frais de santé, invalidité, décès...), non obligatoires sauf pour les cadres (financement d’une assurance décès au taux de 1,5 %).

Les autres retenues

- acompte : si le salarié a demandé le paiement en avance d’une partie de son salaire, cette somme est indiquée sur le bulletin de salaire.

- RET Tickets restau : désigne la retenue sur votre salaire au titre des tickets restaurant. Votre employeur prend en charge la moitié de vos tickets restaurants, l’autre reste à votre charge.

- S RDS TT et S CSG TT : partie non déductible de la CSG (au taux de 2,4 %) et contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

Les cotisations patronales

- Taxe d’apprentissage : elle est due principalement par les entreprises employant des salariés et exerçant une activité commerciale, industrielle ou artisanale. Elle finance la formation en apprentissage.

- Formation profess CIF, formation CPF, contribution FPSPP, formation Act. de Professionnalisation : participation au financement de la formation professionnelle continue des salariés.

- Effort construction : participation annuelle des employeurs à l'effort de construction fixée à 0,45% du montant des salaires (1% logement). L'employeur peut s'acquitter de cette taxe en effectuant divers investissements (prêts aux salariés, versement à des Comités Interprofessionnels du Logement...).

- S contribution organisations syndicales : nouvelle contribution patronale destinée à financer les organisations syndicale depuis le 1er janvier 2015.

- S forfait social prev : cotisations patronales à la prévoyance soumises au forfait social (remplace) la taxe prévoyance.

Vos revenus en euros

- Brut impôt : salaire brut que vous devez déclarer aux impôts

- dont avantages nature : avantages fournis par l’employeur comme la nourriture, le logement, le véhicule ou autres bien et/ou services.

- revenu imposable : rémunération brut moins les cotisations fiscalement déductibles.

=> Ceci est un modèle général : il existe de petites différences entre les fiches de paie selon les différentes entreprises.

A lire :

> La fiche de paie simplifiée au 1 er janvier 2015.

> Le bulletin de paie mode d'emploi par ADP.

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le 17/11/2015 par Priscilla Gout


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