La vie en entreprise

Alcool au travail : ce qu'il faut savoir

Alcool au travail : ce qu'il faut savoir

Peut-on boire au bureau ? Que risque un salarié ivre sur son lieu de travail ? L'entreprise a-t-elle le droit de licencier un employé en état d'ébriété ? Éléments de réponse.

Une entreprise peut-elle interdire l'alcool au bureau ?

Un récent décret autorise dorénavant les entreprises à interdire tous les alcools au travail dès lors que cela est stipulé dans le règlement intérieur. Jusqu'à présent, elles pouvaient prohiber la consommation d'alcool à l'exception du vin, de la bière, du cidre et du poiré. Ces alcools pourront maintenant être totalement bannis à l'intérieur de l'entreprise.

Que peut faire une entreprise face à un salarié alcoolique ?

S'il n'y a pas de conséquences pour l'entreprise, ce comportement relève de la vie privée du salarié. Il peut néanmoins lui être conseillé de consulter un médecin du travail, lequel est tenu au secret professionnel.

Comment réagir si un salarié est saoul au travail ?

L'employeur ne doit pas autoriser l'accès à l'entreprise à un salarié en état d'ivresse. Ce dernier ne peut pas rejoindre son poste de travail et avant de rentrer se reposer chez lui, il devra attendre d'avoir totalement dégrisé.

Que faire si un salarié repart avec son véhicule personnel ?

La responsabilité de l'employeur pouvant être engagé en cas d'accident, il est préférable de raccompagner ou faire raccompagner le salarié ivre. Dans tous les cas, il ne faut pas le laisser repartir par ses propres moyens. D'autant que la responsabilité du salarié et de l'employeur peut être engagée. Dans ce cas, les peines peuvent être particulièrement élevées : jusqu'à 75.000 euros d'amende et 5 ans de prison en cas d'homicide involontaire suite à un accident de la route par exemple.

Est-il autorisé d'avoir recours à un alcootest ?

Ce recours est très strictement encadré : il faut d'une part que le règlement intérieur le prévoit et d'autre part que les fonctions du salarié le justifient (manipulation de machines, de produits dangereux, etc.). Enfin, le salarié doit avoir la possibilité de contester l'alcootest par un autre test ou contre-expertise. S'il s'avère que le salarié est positif, il est passible d'une sanction disciplinaire.

L'alcool peut-il être un motif de licenciement ?

Oui et non... Cela dépend des circonstances, du règlement intérieur, de la tolérance de l'employeur et du juge ainsi que du caractère isolé ou non de l'incident. En 2011 par exemple, la Cour de cassation rendait son avis concernant un salarié licencié après avoir consommé modérément de l'alcool dans le cadre d'un pot organisé sans autorisation de l'employeur. Les juges ont considéré qu'il n'y avait aucune faute, aucun état d'ébriété n'ayant été démontré en 10 ans d'ancienneté.

Peut-on tout dire saoul au travail ? C'est bien connu : l'alcool désinhibe. Gare toutefois à ne pas trop parler. Si un salarié profère des propos critiques sur sa hiérarchie et dépasse le cadre de la liberté d'expression, l'employeur peut considérer qu'il s'agit d'une faute. Simple ou grave, c'est à lui d'en juger.

Comment réagir face à un collègue trop entreprenant ?

Il peut arriver qu'un salarié ivre tente de se rapprocher du sexe opposé. Là encore, il faut savoir rester modéré. Face à un comportement indécent, le ou la collègue pourra ensuite porter plainte auprès de sa hiérarchie, saisir le conseil des Prud'hommes ou encore déposer plainte auprès de la justice pour harcèlement. Dans ce cas, seuls les témoignages des collègues présent pourront éventuellement disculper la personne accusée.

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le 03/07/2014


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