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Y'a-t-il encore des postes de directeur financier ?

Y'a-t-il encore des postes de directeur financier ?

Le métier de Directeur administratif et financier a changé dans les grandes entreprises : certaines responsabilités leur échappent et les salaires ont tendance à baisser. Pour ces profils de haut niveau, comment naviguer vers de nouvelles opportunités sans baisser ses prétentions ? Eléments de réponses avec Thierry Andrieux fondateur du cabinet Humanessence, spécialiste du recrutement dans les métiers de la Finance & Comptabilité.

Pourquoi y-a-t-il moins d'offres pour des postes de Daf (directeur administratif et financier) ?
La première raison est conjoncturelle : les candidats en poste sont moins mobiles professionnellement, moins à l'écoute des opportunités. La seconde raison est plus structurelle. Dans les grands groupes, depuis une dizaine d'années, la création de Centres de Services Partagés (CSP) a entraîné une délocalisation des fonctions support dans les pays low-cost pour la partie comptabilité-gestion. En conséquence, les Daf locaux se retrouvent avec des équipes plus réduites et des responsabilités qui changent. 
Le Daf doit s'acquitter notamment de tâches "annexes". Par exemple, il gère la croissance externe par le rachat d'entreprises. Le Daf a également des fonctions nouvelles plus orientées "business". Aujourd'hui, dans les grands groupes, on a moins besoin d'un Daf France mais plus d'un contrôleur financier "France", soit un échelon en dessous. 
 
Est-ce qu'il existe des alternatives en termes d'emploi pour les profils Daf ?
Oui, le développement du management de transition a créé en parallèle de nouvelles opportunités. Mais cela prend du temps pour trouver ce genre de profil très spécifique. Ce sont des missions ponctuelles, souvent urgentes qui demandent en effet une opérationnalité hors-pair. 
Mais le manager de transition n'est pas un Daf en CDD ! Les missions sont abordées de manière différente et tous les Daf ne peuvent pas devenir manager de transition. La profession est d'ailleurs en train de se structurer pour clarifier leur périmètre d'action, très orienté résultats. 
 
La conséquence directe de la raréfaction des postes de Daf c'est la baisse des rémunérations...
Effectivement. Surtout en raison de la mise en place des CSP à l'étranger. Autrefois les Daf avaient des missions assez variées : juridique, finance, RH... Aujourd'hui, une partie de ces fonctions leur échappe. Les grandes entreprises n'ont donc plus besoin d'un Daf de haut niveau, mais plutôt d'un profil juste en-dessous : un contrôleur financier pour gérer les problèmes au niveau local. C'est pour cela que les salaires sont un peu à la baisse. De 150.000 euros, on se situe désormais sur des rémunérations plus proches des 80.000 euros.

Cette baisse des rémunérations n'est pas un peu paradoxale compte-tenu du fait que le Daf est depuis plusieurs années étroitement associé à la stratégie de la direction ?
Le Daf a toujours été le numéro 2 d'une société. C'est d'ailleurs souvent le fusible d'une entreprise qui ne va pas bien. Mais effectivement, c'est un paradoxe car le Daf a une fonction centrale dans l'organigramme. Sa compétence est nécessaire et stratégique, mais aujourd'hui on lui retire des responsabilités, notamment la compta et le contrôle de gestion. Les Daf qui avaient auparavant des services de 25 personnes se retrouvent aujourd'hui avec des équipes de 4 personnes et ils ont moins de problématique de management. D'où des salaires à la baisse, avec des nuances selon la taille des entreprises.
 
Quels conseils pourrait-on donner à des Daf qui souhaitent trouver un nouvel emploi... Faut-il baisser ses prétentions ?
Non, surtout pas. A 40 ans certains directeurs financiers ont un peu fait le tour de leur poste. Leur profil ne leur permet pas forcément d'avoir des opportunités supérieures en France ou même en Europe. La solution, c'est peut-être de prendre d'autres fonctions à tendance commerciale. A force d'être dans une fonction de très haut niveau comme le Daf, avec une vision business, on peut très bien devenir Directeur Général ou Directeur des ventes. 
C'est l'avantage du poste de Daf. Ce financier de haut niveau a une vision transversale de l'entreprise : les achats, le juridique, les RH, le système d'informations, etc. Et le but profond d'un financier, c'est le pilotage de l'activité. A un moment il faut donc franchir le pas pour devenir un véritable " business partner " dont la mission va bien au-delà des chiffres et de la prévision des risques. 
 
Pour les Daf qui veulent rester dans leur coeur de métier, est-ce que passer dans une PME peut être une autre solution ?
Dans une PME effectivement, le travail est moins cloisonné, on peut y avoir plus de responsabilités. C'est souvent l'occasion de devenir "le bras droit" du PDG, de gérer un ensemble de tâches très variées avec une autonomie supérieure. C'est une belle opportunité pour sortir de la compta et du contrôle de gestion dans un poste avec moins de routine. Reste une question de taille : est-ce que le niveau de rémunération sera le même que dans un grand groupe ?

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le 27/10/2011


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