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Pourquoi les salariés volent leur entreprise ?  

Pourquoi les salariés volent leur entreprise ?  

Un salarié sur trois aurait déjà chapardé des fournitures sur son lieu de travail, selon une enquête menée par le sociologue François Bonnet. Une pratique courante mais qui peut mener au licenciement.

Les patrons devraient-ils se méfier davantage de leurs salariés ? À en croire, une étude menée par le sociologue François Bonnet rapportée par BFM, la réponse est incontestablement oui. Un salarié sur trois aurait en effet déjà ramené chez lui des affaires appartenant à son entreprise. Un chiffre certainement en dessous de la vérité, l’étude étant basé sur les auto-déclarations des sondés. Ce sont essentiellement des petits vols : les post-it puis la ramette de papier sont les deux objets les plus souvent emportés par les employés.

Voler pour exister ?

Qu’est-ce qui motivent les salariés à voler leur patron ? Pour une partie d’entre eux ce serait un moyen de compenser le manque de reconnaissance de leur employeur et ainsi pallier les injustices qu’ils estiment subir.

Pour d’autres, c’est par souci d’économie même si, selon un expert interrogé par la chaîne de télévision, le besoin de remplir le cartable de ses enfants diminue. « Il y avait auparavant un vrai pic de vols entre juillet et septembre c'est beaucoup moins vrai aujourd'hui, le numérique rend les fournitures moins ‘rentrée compatible’ ».

Un risque de licenciement

Pas sûr que les salariés associent leurs vols à une forme de délinquance. Selon l’étude, « la quasi-totalité des travaux de sociologie ou d’anthropologie montrent un parti pris affirmé en faveur des employés qui volent. Les théories sociologiques ou anthropologiques du vol en interne minimisent la dimension criminelle des vols ou fournissent des justifications aux salariés en étudiant le vol en interne comme une manifestation de la vitalité de la contestation dans l’entreprise ». Et l’auteur d’expliquer que les salariés ont également beau jeu de se cacher derrière des motivations politiques…

D’un point de vue comptable, le vol en entreprise a un coût. Selon le cabinet de conseil Lowendalmasaï, les dépenses pour le mobilier, l'équipement informatique, les abonnements télécoms, les articles de papeterie peuvent représenter jusqu'à 30% du chiffre d'affaires des entreprises. Un stylo par ci, une ramette par-là finissent par peser sur la comptabilité des entreprises.

Mais cette « délinquance routinière (…) suscite moins le scandale que les autres formes de vol », écrit le sociologue. Peut-être parce qu’il est difficile d’imaginer scellé chaque stylo au bureau des employés. Mais aussi parce qu’il faudrait que les entreprises puissent vérifier et surtout prouver qu’il n’y pas vol. Un droit que les entreprises peuvent faire valoir. Des licenciements pour vols répétés ont déjà été statués et validés par la justice. Même si les juges prennent aussi en compte l’âge, l’ancienneté du salarié ou encore la valeur de l’objet volé. Dans tous les cas, charge pour les entreprises d’apporter la preuve du vol, soit par témoignages de collaborateurs soit par vidéo surveillance.

> Jusqu’où l’entreprise peut-elle surveiller les salariés ?

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le 10/02/2016 par Guirec Gombert



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