Les conditions de travail bouleversées par les nouvelles technologies Actualité - 05 mars 2012

Stress, surcharge de travail, troubles musculo-squelettiques... Les technologies de l'information et de la communication ont modifié les relations au travail. Aujourd'hui, elles nécessitent une "vigilance accrue", selon la dernière étude du Centre d'analyse stratégique.

L'immense majorité des entreprises (97%) sont aujourd'hui connectées à Internet. Et 64% des salariés travaillent devant un écran. Une diffusion des technologies de l'information et de la communication qui a profondément modifié la nature du travail, explique la dernière étude du Centre d'analyse stratégique (CAS).

TIC et rythme de travail
"Le commercial ne voit plus le client, le vendeur ne voit plus le stock, l'opérateur ne touche plus la vanne...". Pour le CAS, l'usage des TIC mène à une réduction des délais et à une "instantanéité des échanges numériques", les "utilisateurs de TIC doivent en outre s'adapter à la rapidité des évolutions de ces technologies". Les salariés sont de fait soumis à une plus forte contrainte organisationnelle. Les TIC "accroissent, délibérément ou non, la pression sur le travail et la surcharge informationnelle".

Le mail, facteur de stress 
Principal outil de surcharge au travail : le courrier électronique. Ce dernier créé une situation d'urgence et interrompt sans cesse les salariés dans leur travail. De même, les nombreuses pannes et incidents provoquent un stress important, "en particulier pour les salariés subissant une pression temporelle dans leur activité", souligne le CAS. Et si les TIC permettent une plus grande autonomie des salariés, elles renforcent également le contrôle du travail réalisé par un suivi en temps réel ou a posteriori des taches exécutées.  

Une plus forte individualisation du travail
Les TIC ont également modifié le "modèle hiérarchique" classiques des entreprises françaises. Ces outils peuvent alors appauvrir les liens sociaux des salariés. Le rapport évoque ainsi une forme de nouvelle "subordination sociale" amenant à un "néo-taylorisme". Encore minoritaire, cette organisation du travail induit des process et des outils standardisés à un grand nombre de salariés. En revanche, les TIC peuvent au contraire accroître la sphère des contacts entre collègues et induire "de fortes relations d'entre-aide".

Les TMS des TIC 
L'usage croissant des outils mobiles brouillent également les "frontières entre sphère professionnelle et sphère personnelle", note le CAS. Sans surprise, les plus utilisateurs des TIC sont également les plus exposés à travailler en dehors des horaires du travail. On assiste ainsi à une "productivité plus élevée et une charge de travail accrue". Les TIC peuvent également avoir des effets négatifs sur la santé des salariés : fatigue visuelle, troubles musculo-squelettiques (TMS). Pour les salariés ayant une moindre latitude décisionnelle, les nouvelles technologies peuvent également être cause de dépression. 

Impliquer les DRH dans l'usage des TIC
Le CAS formule plusieurs axes de recommandation pour une culture commune des usages des TIC au travail. Premier point : "développer la maîtrise des usages des TIC par les entreprises et faire du système d'information un outil d'aide au travail". Et ce afin de limiter les conséquences négatives des TIC sur les conditions de travail et la performance des salariés. Autre point développé par le CAS : l'intégration des DRH dans l'utilisation des TIC. Cela permettrait notamment une meilleure formation à ces outils.

Aujourd'hui, "plusieurs centaines de milliers de personnes travaillent dans des contextes qui nécessitent une vigilance accrue", souligne encore le CAS. S'interroger sur l'usage des TIC au quotidien apparaît alors nécessaire. 

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