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Les 35 heures, efficaces pour l'emploi ?

Les 35 heures, efficaces pour l'emploi ?

Selon un rapport de la députée socialiste Barbara Romagnan, le passage aux 35 heures a été "la politique la plus efficace et la moins coûteuse qui ait été conduite depuis les années 1970".

Plus que jamais, deux voix se font entendre au Parti socialiste. Alors que le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, plaide pour un assouplissement des 35 heures, la députée "frondeuse" Barbara Romagnan explique dans un rapport que les 35 heures "ont créé 350 000 emplois et ainsi contribué à réduire le chômage". Entre 1998 et 2001, les 35 heures ont ainsi "créé plus d'emplois que jamais auparavant dans son histoire, et plus d'emplois par point de croissance annuelle que dans les périodes précédentes et suivantes", insiste la députée.

Même si dans les faits, la loi a déjà été largement détricotée et que la durée effective du travail en France est supérieure à 39 heures.

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Une loi peu "coûteuse"

Toujours selon la députée, les lois Aubry "ont coûté, par an, 2 milliards d'euros aux entreprises et 2,5 milliards d'euros aux administrations publiques, soit un peu plus de 12 800 euros par emploi créé". Les 35 heures apparaissent ainsi "moins coûteuses pour les finances publiques" que "d'autres politiques publiques mises en oeuvre pour stimuler l'emploi" et "notamment celles qui reposent sur des baisses de cotisations sociales sans condition".

Les 35 heures ont favorisé l'égalité hommes-femmes

Autre bénéfice lié aux 35 heures : une meilleure répartition des tâches entre les hommes et les femmes. Selon le rapport, en réduisant "le nombre de contrats à temps partiel" davantage subis par les femmes et en offrant plus de temps libre aux pères, un "rééquilibrage, limité mais réel, des tâches ménagères au sein des familles" a été possible. Dans les faits, la loi a "encouragé un meilleur partage des responsabilités familiales", poursuit Barbara Romagnan.

Les "oubliés" des 35 heures

La députée concède toutefois "certains effets négatifs" des 35 heures, comme "l'intensification du travail, repérée dans plusieurs secteurs" ou encore de "fortes tensions dans la fonction publique hospitalière" et des "difficultés" dans les entreprises de moins de 20 salariés. Les "salariés à temps partiel subi" et les "salariés les moins qualifiés" sont parmi les principaux "oubliés" des 35 heures, selon Barbara Romagnan. La faute aux 35 heures ? "Fondamentalement, les 35 heures n'ont fait qu'accentuer des travers qui existaient préalablement dans des secteurs où le temps de travail était déjà très partiel et flexible", explique la députée.

"Poursuivre la réduction du temps de travail"

Face à la crise, la députée estime que la réduction du temps de travail reste "une solution". Plutôt qu'une semaine de 32 heures, la députée défend "une espèce de compte épargne temps dans lequel on puisse mettre des jours pour les utiliser à d'autres moments de sa vie".

Sans surprise, le président UDI de la commission d'enquête sur les 35 heures, qui a voté contre le rapport, a estimé que sa collègue s'était "bornée à une défense partisane de la durée légale du travail à 35 heures, ne proposant aucune perspective nouvelle sinon une nouvelle réduction du temps de travail".

Pour aller plus loin :

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le 10/12/2014



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