Marché de l'emploi

"Le secteur informatique est un thermomètre de la conjoncture"

"Le secteur informatique est un thermomètre de la conjoncture"

Après des mois difficiles, l'activité et les recrutements ont repris dans l'informatique. Le secteur qui reste un "thermomètre de la conjoncture", est de plus en plus exigeant en termes de compétences. Selon Christine Pruvost, directeur du département IT du cabinet Mercuri Urval, une expérience à l'étranger ou une double formation sont aujourd'hui indispensables pour prétendre à un poste managérial.

Vous constatez une reprise dans le secteur informatique depuis le début de l'année ?
Oui clairement, il y avait déjà des frémissements en décembre qui se sont confirmés en janvier.

La crise a été tout de même très brutale dans le secteur ?
L'informatique est généralement associé à des budgets de fonctionnement, c'est donc l'un des premiers à être supprimé. C'est à la fois l'avantage et l'inconvénient dans le secteur informatique : c'est un thermomètre de la conjoncture. Dès que l'activité reprend, les budgets d'investissement repartent à la hausse.

Cette reprise est-elle durable, c'est encore difficile de le savoir ?
Nous sommes tout de même au mois de mai, sur les quatre premiers mois de l'année nous avons déjà beaucoup de demandes notamment sur les postes managériaux, middle management et top management dont nous nous occupons principalement. Pendant la crise, les entreprises sont restées en effectif réduit ou n'ont pas remplacé certaines personnes. Elles ont fonctionné sur un budget réduit en 2009 mais aujourd'hui on reprend sur un rythme normal.

Certaines SSII ont mieux traversé la crise que d'autres...
Les SSII sont à un tournant de leur stratégie. Il va falloir qu'elles continuent leur réorganisation pour ne plus fonctionner comme un conglomérat d'entités mais plutôt comme de véritables entreprises intégrées. A l'instar des constructeurs ou éditeurs de logiciels. Aujourd'hui, elles sont encore pour certaines en réorganisation, même s'il y a eu beaucoup de mouvement. Mais dans les mois à venir, on devrait retrouver des rythmes de croisière plus qu'honorables.

Quelles sont les compétences qui sont particulièrement recherchées aujourd'hui par les entreprises ?
Ce qui est très apprécié pour une population managériale c'est une double formation (technique et managériale). Un passage à l'étranger pendant les études ou la carrière est aussi évidemment un plus. Et pour les ingénieurs ne pas parler anglais est un vrai handicap. La maîtrise de la langue devient obligatoire. Les employeurs associent de plus en plus un parcours à l'étranger à une ouverture d'esprit, à une capacité de compréhension qui permet d'intervenir dans des projets de plus en plus internationaux. J'encourage les jeunes diplômés ou les ingénieurs en cours de formation à multiplier les expériences à l'étranger.

Pour les chefs de projets et les directeurs de projets, quelles sont, selon vous, les capacités indispensables ?
Il faut avoir une capacité commerciale pour pouvoir s'entretenir avec le client et le conseiller. Il faut aussi avoir une expérience de gestionnaire de projets avec une dimension de gestion des ressources, des moyens et des délais. Et enfin, avoir une vision globale et à jour des tendances techniques de l'informatique.

La seule compétence technique ne suffit pas...
Effectivement. Ce qui fait la différence, c'est la personnalité du candidat, son adaptabilité, la possibilité pour l'entreprise de lui confier rapidement des responsabilités et une certaine autonomie dans la tenue du poste.

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le 05/05/2010



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