Marché de l'emploi

Le secteur éolien porteur d'emplois nouveaux

Le secteur éolien porteur d'emplois nouveaux

La filière éolienne est désormais mieux structurée, elle est entrée dans une phase industrielle dynamique avec une croissance de 30% chaque année depuis 10 ans. Ce secteur, qui représente actuellement 11.000 emplois directs, devrait employer 60.000 personnes en France en 2020 grâce aux grands projets et investissements à venir.

L'éolien a le vent en poupe ! C'est un cliché de le dire, mais dans le domaine des énergies renouvelables c'est un des secteurs les plus solides avec d'importants investissements ces dernières années. Il faut dire que c'est un énorme marché : de 2,4 milliards d'euros en 2009, le business du vent devrait atteindre 3,7 milliards en France dès 2012, selon l'Ademe (l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie).

La France est en effet le deuxième gisement éolien en Europe. Ce n'est pourtant pas le pays qui emploie le plus de monde sur les métiers de l'éolien. Chez nos voisins, l'éolien représente ainsi 40 000 emplois directs en Allemagne, 24 000 au Danemark et 20 000 en Espagne contre "seulement" 11.000 emplois directs en France. Un chiffre qui devrait s'envoler pour atteindre 60.000 emplois en 2012. Avec l'urgence climatique et les objectifs de diversification des sources d'énergies imposés par le Grenelle de l'environnement, la France va donc devoir rattraper son retard.

Inquiétude sur la réglementation

A condition que la réglementation ne ralentisse pas trop les projets en cours. Car depuis le mois d'août, les professionnels de l'éolien, regroupés au sein de l'association France Energie Eolienne (FEE), sont inquiets : l'entrée des éoliennes dans la législation des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE), celle qui regroupe les installations présentant un danger potentiel, risque de multiplier les recours abusifs contre les projets de parcs. La FEE regrette cet empilement des procédures auxquelles la filière éolienne est confrontée. "Tous les deux ans, de nouvelles obligations sont imposées aux parcs éoliens, rappelle l'association : 2003, permis de construire avec étude d'impact et enquête publique ; 2005, création des Zones de Développement de l'Eolien, dispositif inédit du droit français ; 2009, création du volet éolien des schémas régionaux ; enfin, 2011, classement ICPE". Un sujet qui était au coeur du colloque national éolien, organisé la semaine dernière à Dijon.

Des emplois non-délocalisables

Au niveau des territoires, la concertation autour des projets n'est pas forcément simple. Ce sont pourtant des emplois locaux qui sont générés par les projets éoliens. Au-delà de la fabrication des éoliennes qui a un impact sur pas mal d'entreprises industrielles, "l'installation et la maintenance des parcs nécessitent de faire appel à des entreprises locales. Des emplois sont ainsi créés directement dans les zones où sont implantées les éoliennes" peut-on lire sur le site Windustry, la vitrine du savoir-faire éolien français à l'étranger.

Des emplois indélocalisables pour lesquels l'offre de formation se structure aussi progressivement. Une formation de technicien de maintenance éolienne a vu le jour, elle est pour l'instant dispensée par le lycée Bazin de Charleville-Mézières et le lycée Dhuoda de Nîmes. "De très nombreuses formations en énergies renouvelables abordent également les sujets éoliens, allant du Bac technologique au master en passant par les licences professionnelles ou les Instituts Universitaires de Technologie", ajoute le syndicat des énergies renouvelables (ENR).

Les métiers de l'éolien ne se limitent pas en effet aux postes de maintenance. La filière éolienne embauche des chefs de projet, des responsables d'études environnementales, des ingénieurs technique, des responsable HSE / QSE, des juristes, des chefs de chantier, etc. Et avec les nombreux projets offshore qui sont dans les tuyaux, la gamme de métiers qualifiés devrait encore s'élargir pour travailler dans des univers très contraints.

A l'échelle mondiale, la filière se développe aussi et commence à peser lourd avec 670.000 emplois (dont 192.000 en Europe) pour un marché de 40 milliards d'euros et un chiffre d'affaires qui double tous les 3 ans. Rien qu'en Europe, selon le rapport Wind at Work de l'Ewea (Association européenne de l'énergie éolienne), l'éolien créé 33 nouveaux emplois par jour... et ce n'est qu'un début.

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le 21/10/2011



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