Vie professionnelle

Ce qu’attendent les demandeurs d’emploi d’une formation

Ce qu’attendent les demandeurs d’emploi d’une formation

RegionsJob a demandé aux demandeurs d’emploi ce qu’ils espéraient d’une formation professionnelle. L’employabilité ou encore la possibilité de se reconvertir sont fréquemment citées mais pas que…

Des centaines de personnes ont répondu anonymement au questionnaire de RegionsJob sur la formation professionnelle. Dans ce volet, nous allons aborder les réponses fournies par des demandeurs d’emploi sur leur vision de la formation.

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L’employabilité, motivation première des demandeurs d’emploi

A la question «Qu’attendez-vous d’une formation ?», la réponse la plus commune – et c’est bien normal – concerne l’employabilité. Pragmatique, Nathanaël* souhaite accéder à une formation «adaptée au marché du travail et qu’il y ait une adéquation objective et réaliste entre l’offre et la demande sur le plan local et régional». Pour Ellen, la formation permet d’actualiser ses compétences alors que «les employeurs aiment que les candidats soient à jour dans leur métier».

Plus qu’un emploi, les internautes voient donc la formation comme une chance d’accéder aux entreprises qui recrutent à un moment donné. Lucie entend ainsi «pouvoir être en phase avec les offres d'emploi» quand Charles répond qu’une formation doit être «complète et qu’elle réponde à une demande venant des entreprises afin de trouver un emploi grâce à celles-ci». L’adaptabilité au marché du travail revient fréquemment : «je veux apprendre un nouveau métier où les entreprises recrutent» ou encore «monter en compétence pour mieux répondre aux attentes des entreprises», déclarent Youssef et Jessica. La polyvalence est ainsi citée comme la clé pour suivre le marché de l’emploi : «une formation qui me donne les moyens d’être multicartes», explique ce sondé, quand un autre emploi l’expression «avoir plusieurs flèches à mon arc».

Face au contexte économique difficile, certains n’oublient pas de souligner que la formation doit aussi leur permettre «d'avoir un savoir égal aux autres concurrents présents sur le marché». Ou encore qu’elle soit «un atout de différenciation face à mes concurrents lors de ma recherche d’emploi», souligne Albane.

Se former pour évoluer

La formation est aussi vue comme un accélérateur de carrière. Elle doit permettre d’acquérir de nouvelles compétences dans un domaine d’activité déterminé pour progresser. La formation est alors perçue comme un moyen «d’évoluer professionnellement et d’acquérir des compétences qui permettront d’évoluer dans ma carrière», explique Priscilla.

La formation est donc bien perçue comme «un plus» dans un parcours professionnel. Pour ce faire, les demandeurs d’emploi attendent de la formation qu’elle leur fournisse des «outils» et «de meilleures compétences et connaissances pour évoluer au sein de l’entreprise».

La formation apparaît aussi pour certains comme un bon moyen de se prouver – mais surtout à l’entreprise – que passé un certain âge, il est toujours possible d’apprendre. Ainsi, se former est «l’occasion de montrer que je peux continuer à évoluer», indique Fabrice. La formation doit aussi permettre de répondre à une volonté «d’apprendre». Ce verbe revient régulièrement dans les réponses des sondés. Quand on leur demande ce qu’ils attendent de la formation, les répondants font part de leur soif de connaissances : «Je veux apprendre de nouvelles notions», «apprendre ou approfondir mes connaissances» et même «apprendre des nouveautés»…

Une reconversion

Sans surprise, la formation est envisagée sous l’angle de la reconversion. Le plus souvent, le but est de coller au marché de l’emploi. La reconversion est alors envisagée comme un moyen d’accéder à «un métier en manque de personnels qualifiés», ou de «se réorienter vers des métiers porteurs» ou encore comme une manière de «mettre en adéquation ses compétences avec les besoins du marché local de l'emploi», répondent des internautes.

Pour d’autres, c’est le besoin de changer de métier qui prime. Le ras-le-bol de leur ancien poste perce à travers leurs commentaires. Karine attend ainsi d’une formation qu’elle lui permette «se reconvertir pour atteindre son objectif de carrière» quand Sabrina espère ainsi «trouver une nouvelle vocation». Aujourd’hui, l’on rêve de métiers manuels, qui font sens, à l’image de Rachid qui souhaite se «reconvertir dans le domaine de la menuiserie et de l’agencement». Le mot «passion» ressort d’ailleurs régulièrement de notre enquête : «une formation me permettra d’accéder à un métier qui me passionne déjà» estime Guirec. Virginie, elle, «souhaite (se) former pour exercer un métier valorisant».

Mais une reconversion n’est pas toujours facile à concrétiser, comme le suggère ce témoignage : «en reconversion professionnelle, une formation serait bienvenue alors que je me forme actuellement au gré des rencontres lors de mes demandes de stage et par mes propres moyens».

Un débouché bien précis

Pour certains, la possibilité de se former s’explique par un projet professionnel bien défini. Les émissions culinaires auraient-elles une influence sur les téléspectateurs ? En tout cas, les métiers de bouche attirent. «J’ai un amour de la restauration, j’aimerais me former pour me lancer à mon compte», lance Flavien, comme Guillaume qui souhaite «acquérir les bases pour devenir cuisinier». Face aux besoins de recrutements dans l’hôtellerie-restauration, d’autres voient ce secteur d’activité comme un bon moyen de «trouver un emploi durable par la suite».

Le secteur de la santé est aussi convoité. Au vu des débouchés professionnels possibles, c’est un choix de formation plutôt sensé. Ainsi, les répondants aspirent à se former pour devenir «aide-soignant», «infirmier» ou plus largement «dans le secrétariat médical». Pour Mélanie, «une formation d'infirmière anesthésiste ou infirmière puériculture (lui) plairait beaucoup». Preuve que les personnes en recherche d’emploi sont conscientes des besoins de recrutements actuels.

Les métiers de l’informatique sont aussi plébiscités. Alors que de nombreuses enquêtes sortent sur les salaires particulièrement attractifs des développeurs, se former dans ce domaine semble un must. «Je veux faire une formation en tant que développeur web», témoigne Xavier. Pour Guénolé, c’est «une formation en réseaux informatiques» qui lui semble adéquate afin de décrocher un nouvel emploi.

D’autres métiers porteurs ressortent des réponses comme ceux de comptable, de soudeur ou dans le domaine de la vente.

Les réponses sont parfois moins ciblées mais témoignent d’une époque où l’on songe à lancer sa propre activité. Plusieurs répondants souhaitent alors se former pour «apprendre un nouveau métier et devenir chef d’entreprise» et même de trouver une formation et «un métier permettant d’être ensuite autoentrepreneur».

Les déçus de la formation

Pour certains, déjà formés auparavant, le système est à revoir, quitte à jeter un pavé dans la mare : «J’ai déjà donné !, lâche Irène. Le centre de formation où j’étais ne m’a pas formé pour ce que je souhaitais faire. Ce n’est pas faute d’avoir envoyé des courriers à Pôle emploi pour rectifier le tir. Alors, c’est bien beau les formations mais il faut faire un suivi avant, pendant et après sur la formation dispensée mais aussi contrôler les centres car au final c’est l’argent des contribuables qui les financent !»

Les coups de gueule pour critiquer des formations pas toujours adaptées au marché de l’emploi sont récurrents. «Aujourd’hui, bon nombre de formations débouchent sur rien alors que leur but est pourtant de nous donner les clés pour trouver un travail», tempête Jérôme. Les critiques virulentes sont certainement à relativiser mais témoignent d’une lassitude face au monde du travail. «Je veux du concret et non pas une formation qui ne sert à rien. Une formation doit déboucher sur un emploi mais ce n’est jamais le cas, surtout avec Pôle emploi», tonne Marlène.

C’est bien l’inadéquation de certaines formations avec le marché de l’emploi qui pose problème. «Je viens de finir une formation mais aucune proposition d’emploi, je tourne en rond», se lamente Rachida, quand Alain exhorte les pouvoirs publics à «prévoir des emplois pour ceux qui sortent de formation». Peu convaincu, Béatrice qu’une formation doit aboutir sur «un diplôme et un emploi mais malheureusement, ça n’est que rarement le cas»…

* Les prénoms ont été modifiés

En complément

Sondage réalisé en ligne du 27 novembre au 2 décembre 2014

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le 16/12/2014 par Guirec Gombert


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