Marché de l'emploi

Enquête : candidats vs recruteurs, quelle est leur vision des process de recrutement ?

Enquête : candidats vs recruteurs, quelle est leur vision des process de recrutement ?

Entre octobre 2015 et janvier 2016, RegionsJob a interrogé tour à tour salariés, demandeurs d’emploi et recruteurs. L’objectif : connaître les sentiments des uns vis-à-vis des autres et en savoir plus sur les pratiques des candidats comme sur celles des entreprises lors du process de recrutement. Découvrez l’intégralité des résultats de notre enquête à laquelle 6123 candidats et 180 recruteurs ont répondu.

La mission, première source d’intérêt pour un poste

A la lecture d’une offre d’emploi, les candidats focalisent de loin leur attention sur deux éléments en particulier : le descriptif du poste et de la mission ainsi que la localisation du poste, cités par quasiment 80% des répondants. « Aujourd’hui, les candidats s’intéressent en premier lieu au contenu de leur futur emploi et à la localisation de celui-ci, ils s’attachent au caractère stimulant de leur prochain job, en particulier les jeunes diplômés. La rémunération est une préoccupation qui intervient en seconde lecture » rappelle David Beaurepaire, Responsable Développement & Stratégie chez RegionsJob.

Il n’est pas si étonnant que le lieu d’exercice du poste soit le deuxième centre d’intérêt des Français à la lecture d’une offre d’emploi. 54% se disaient en effet prêts à quitter leur région actuelle selon l’étude RegionsJob/Michael Page sur l’attractivité des régions publiée en 2014.

« Quels sont les éléments auxquels vous prêtez le plus d’attention dans une offre d’emploi ? » (Plusieurs choix possibles)

infogramQuestion1

Les recruteurs sont du même avis que les candidats. Selon eux, pour attirer les bons candidats, le plus important dans une offre d'emploi est le descriptif du poste et/ou de la mission (cité par 74% des répondants). Le niveau de salaire arrive en 2e position (à 34%) alors qu’il ne figure qu’en 5e position des sources d’intérêts chez les candidats. En revanche, le lieu du poste est cité à 16% seulement alors qu’il est le second centre d’intérêt des candidats après la mission (à 78%).

Recruteurs : « Pour attirer les bons candidats, le plus important dans une offre d'emploi c'est... »

  1. Le descriptif du poste et/ou de la mission (73,3%)
  2. Le niveau de salaire (33,9%)
  3. L'intitulé de poste (30,6%)
  4. Les compétences demandées (25,6%)
  5. Le type de contrat (17,8%)
  6. La localisation du poste (16%)
  7. Le nom de l'entreprise (8,9%)
  8. L'expérience requise (8,9%)
  9. Les avantages proposés (7,2%)
  10. Les diplômes exigés (1,7%)

Ce qui les « agacent » lors de la candidature

A la lecture de l’offre d’emploi, la plus grande source de frustration pour les répondants est avant tout de « ne pas avoir le nom de l’entreprise émettrice » (cité à 45%). Difficile en effet de faire des recherches sur le futur employeur et de préparer sa candidature sans pouvoir se renseigner sur lui. Les « profils de moutons à 5 pattes » fréquemment recherchés par les recruteurs arrivent en seconde position des éléments les plus énervants dans une offre d’emploi (39%). En 3e place, on trouve un « salaire inadapté » (37%).

« Qu’est-ce qui vous énerve le plus dans une offre d’emploi ? »

Infogram2

  1. Ne pas avoir le nom de l’entreprise émettrice (45,4%)
  2. Un profil de « mouton à 5 pattes » - 5 postes en 1 (39%)
  3. Un salaire inadapté au poste (37,2%)
  4. Une annonce stéréotypée : « entreprise leader sur son marché …» (34,4%)
  5. Une description de poste trop succincte, imprécise (34%)
  6. Certains diplômes exigés (33,9%)
  7. Un salaire non mentionné (33,5%)
  8. Les postes motivants proposés en stage, en contrat aidé ou alternance (26,6%)
  9. Une description de poste incompréhensible, trop longue… (24,5%)

Les recruteurs sont quant à eux frustrés de recevoir trop de candidatures non ciblées (65%) et 35% le sont également de ne pas avoir suffisamment reçu de candidatures. Un profil qui ne correspond pas au poste à pourvoir est d’ailleurs rédhibitoire pour 60% des recruteurs et les pousse à écarter la candidature. Un CV ou une lettre de motivation avec des fautes d'orthographe l’est pour 36,5% d’entre eux, et un CV illisible ou trop long pour 36%. « La crise a conduit beaucoup de candidats à se retrouver en situation de chômage longue durée, et ainsi à postuler à tout et n’importe quoi, même si le poste n’a rien à voir avec leur secteur d’activité ou leurs compétences » commente Liselotte Huguenin-Bergenat, RRH de RegionsJob « C’est une erreur et une perte de temps pour le candidat comme le recruteur. Cela pourrait même leur porter préjudice si jamais un jour un poste qui leur correspond réellement est disponible dans l’entreprise en question. »

Recruteurs : « Qu'est-ce qui est rédhibitoire dans une candidature et qui vous pousse à l'écarter ? »

  1. Un profil qui ne correspond pas au poste à pourvoir (60%)
  2. Un CV ou une lettre de motivation avec des fautes d'orthographe (37,8%)
  3. Un CV illisible ou trop long (34,4%)
  4. Un CV avec des trous ou des informations pas assez précises (15%)
  5. Un profil surdimensionné par rapport au poste (11,7%)
  6. Une candidature sans lettre de motivation (9,4%)

Autre élément particulièrement « agaçant » pour les candidats : la non-réponse du recruteur. 74% des candidats n’obtiennent quasiment jamais de réponse à leurs candidatures : 38% « rarement », 36% « jamais ». Une situation que 89% de ces postulants trouvent anormale et qu’ils considèrent comme un manque de respect. Seulement 11% des répondants comprennent que les recruteurs puissent manquer de temps pour leur signifier qu’ils ne sont pas retenus.

« Les recruteurs répondent-ils à vos candidatures ? »

Infogram3

Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, sur les 167 recruteurs interrogés par RegionsJob, 64,1% disent répondre systématiquement à tous ceux qui envoient une candidature. 24,6% seulement aux candidats avec qui ils ont eu un échange (par mail, téléphone ou entretien), 7,2% répondent uniquement à ceux dont le profil correspond, et 3,9% des recruteurs n'envoient jamais de réponses négatives. Dans ce cas, la raison invoquée par plus de la moitié des recruteurs est qu’ils reçoivent trop de candidatures pour répondre à toutes (57,1%). Les autres (42,9%) invoquent le manque de temps. Quasiment la moitié personnalise leur réponse (46,7%) et l’autre moitié envoie une réponse automatisée (53,3%).

Identité numérique : utile pour les candidats, un peu moins pour les recruteurs

Les postulants ont bien compris l’intérêt de personnaliser leurs candidatures : 71,4% le font. D’où l’importance pour eux d’avoir accès au nom de l’entreprise dès l’annonce. La majorité la personnalise systématiquement (36,9 %) et seulement 6% des répondants ne la personnalisent jamais.

« Personnalisez-vous votre CV et/ou votre lettre de motivation ? »

  1. Systématiquement (36,9%)
  2. Souvent (34,5%)
  3. Seulement quand le poste me motive particulièrement (22,6%)
  4. Jamais (6%)

94% des candidats vont sur Internet pour se renseigner sur l’entreprise. Ils cherchent d’abord à glaner des informations sur l’activité de l’entreprise et les missions proposées (91,4%), sur les métiers (65% des réponses), sur la culture d’entreprise (56%) mais le salaire est cité par seulement 11% des répondants. 14,5% des salariés cherchent les coordonnées du recruteur pour lui adresser directement leur candidature. Un taux qui passe à 50% quand le poste « les intéresse vraiment ». Par ailleurs, ils sont 74% à penser que les recruteurs se renseignent sur eux en ligne sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Viadeo, LinkedIn).

« Sur quoi vous renseignez-vous au sujet des entreprises dans lesquelles vous postulez ? »

Infogram5

La réalité est plus complexe. A la question « Est-ce que vous vous renseignez sur les candidats en tapant leur nom sur Google ? », les recruteurs sont 69% à le faire : parmi eux, 42,8% le font seulement ponctuellement, lorsqu’ils ont un doute sur la candidature ; 23,3% le font uniquement pour ceux reçus en entretien et seulement 2,8% des recruteurs « googlisent » tous ceux qui postulent !

L’entretien d’embauche

Qu’attendent les candidats de l’entretien ?

En entretien d’embauche, avoir plus de détails sur la mission est le plus important pour les candidats puisque cette préoccupation est citée à 91,5%. Parmi les informations qu’attendent le plus les candidats, le salaire figure en seconde position, cité à 52,5%, alors que ce n’est pas l’information qu’ils attendaient le plus à la lecture de l’offre d’emploi (6e position). Les possibilités d’évolution constituent la 3e information la plus attendue par les sondés (cité à 47,6%). Viennent ensuite les informations sur les résultats attendus (46,5%), les détails sur l’équipe (39%), les informations sur la culture d’entreprise (36,5%), les avantages (18%) et enfin les informations « logistiques » (10%) sur les horaires, le lieu de travail, les déplacements éventuels…

« Quelles sont les informations que vous attendez le plus en entretien ? »

  1. Des détails sur la mission (91,5%)
  2. Le salaire (52,5 %)
  3. Les possibilités d’évolution (47,6%)
  4. Des informations sur les résultats attendus (46,5%)
  5. Des détails sur l’équipe (39%)
  6. Des informations sur la culture d’entreprise (36,5%)
  7. Les avantages(18%)
  8. Des informatiques logistiques : lieu de travail, déplacements, horaires… (10%)

Ce qui les agacent le plus en entretien d’embauche

 

Candidats : « Qu’est-ce qui vous énerve le plus en entretien d’embauche ? » (Plusieurs réponses possibles)

Infogram4

Sans surprise, les questions déplacées agacent surtout les femmes, qui les citent comme ce qui les énervent le plus en entretien (à 65,3%), juste devant le manque de précision sur le poste (salaire, horaires…) et un discours trop stéréotypé. « Les femmes sont également victimes de la curiosité déplacée de certains recruteurs, qui s’inquiètent de les voir s’absenter pour un congé maternité ou un enfant malade par exemple » déplore David Beaurepaire.

Pour les hommes, c’est le retard du recruteur qui énerve le plus et lorsque le recruteur oublie leur nom, oubli cité en 3e des éléments « énervants » en entretien de recrutement par les femmes.

> Hommes

  1. Que le recruteur ait du retard (48,1%)
  2. Un discours trop stéréotypé (47,1%)
  3. Pas d’informations précises sur le salaire (43,4%)
  4. Le manque de précision sur le poste : sur le salaire, les horaires… (42,8%)
  5. Quand le recruteur a oublié votre nom (43,2%)
  6. Des questions déplacées voire interdites : comptez-vous avoir des enfants, êtes-vous marié(e) ?... (34,7%)

> Femmes

  1. Des questions déplacées voire interdites : comptez-vous avoir des enfants, êtes-vous marié(e)… ? (65,3%)
  2. Le manque de précision sur le poste : sur le salaire, les horaires… (57,2%)
  3. Quand le recruteur a oublié votre nom (56,8%)
  4. Pas d’informations précises sur le salaire (56,6%)
  5. Un discours trop stéréotypé (52,9%)
  6. Que le recruteur ait du retard (51,9%)

Recruteurs : « Qu’est-ce qui vous énerve le plus chez les candidats en entretien ? »

  1. Quand ils posent des questions uniquement sur les congés, la rémunération ou les tickets restaurant (33,3%)
  2. Quand ils viennent au rendez-vous sans l'avoir préparé (26,2%)
  3. Quand ils arrivent en retard (22,2%)
  4. Quand ils sont trop prétentieux (17,2%)
  5. Quand ils sont trop timides ou stressés  (1,1%)

Les recruteurs quant à eux sont particulièrement agacés quand un candidat s’intéresse uniquement aux avantages sociaux proposés par l’entreprise plutôt qu’à la mission ou à l’entreprise elle-même. Ils s’attendent naturellement à ce que le postulant montre toute sa motivation et son intérêt pour le poste, en ayant notamment bien préparé l’entrevue en amont.

La négociation du salaire à l’entretien

Le sujet de salaire reste tabou en France. En témoignent les réponses mitigées des 6123 répondants : si 47% tentent la négociation de salaire pendant l’entretien, seulement 10% négocient systématiquement et 43% n’osent tout simplement pas parler salaire !« Rappelons que l’on ne négocie pas forcément son salaire lors du premier entretien » explique Liselotte Huguenin-Bergenat, RRH chez RegionsJob. « Il est recommandé de parler de sa rémunération précédente et d’indiquer au recruteur ses souhaits de rémunération lors du second entretien. Je conseillerai de bien décortiquer votre ancienne paie pour négocier la nouvelle : votre fixe et le reste (participation, 13e mois…). Sans toutefois rentrer trop dans les détails comme les tickets restaurant ou la mutuelle... ».

*Voir également l’enquête « Comment les salariés négocient leur salaire ? » de RegionsJob – Décembre 2015

« Essayez-vous de négocier le salaire pendant le processus de recrutement ? »

  1. Oui toujours (9,9 %)
  2. Oui parfois (47,2 %)
  3. Non, je n’ose pas (42,9 %)

Pour les recruteurs, l’entretien en face à face est effectivement le meilleur moment pour aborder cette phase délicate. Pour 45,6% d’entre eux, la marge de négociation est étroite, et les candidats trop gourmands sont écartés. 35% peuvent cependant proposer plus que prévu si un(e) candidat(e) a un profil qui l'intéresse vraiment. 11,7% pensent qu’un candidat qui négocie est un candidat qui a confiance en lui c’est pourquoi il y a toujours une marge importante de négociation. Enfin, pour une minorité de répondants (7,8%), il n'y a pas de négociation possible.

Recruteurs : « La négociation du salaire pendant l'entretien selon vous se résume à... »

  1. La marge est étroite, les candidats trop gourmands sont écartés (45,8%)
  2. Si un(e) candidat(e) a un profil qui m'intéresse vraiment, je peux lui proposer plus que ce qui est prévu (35,2%)
  3. Quand un candidat négocie, c'est un bon signe de confiance, il y a toujours une marge importante de négociation (11,7%)
  4. Il n'y a pas de négociation possible (7,3%)

Comment relancer après l’entretien ?

Seulement 57% des candidats relancent le recruteur après avoir passé un entretien. Les deux moyens privilégiés par plus de 70% des répondants sont le téléphone et le mail. Envoyer un courrier ou repasser à l’accueil de l’entreprise restent des pratiques marginales.

« Par quels moyens relancez-vous généralement le recruteur ? »

Infogram6

Côté recruteurs, un candidat qui relance sa candidature a plus de chances de décrocher le poste à condition que son profil corresponde (55%). Pour 42,2% il a autant de chances que les autres, à compétences égales. 2,8% seulement pensent qu’il est inutile de les relancer. Le mail est le moyen préféré des entreprises (à 58,3%), suivi du téléphone (34,4%).

« Il est recommandé d’envoyer un email dès le lendemain de l’entretien pour remercier le recruteur de l’accueil qu’il vous a réservé » conseille David Beaurepaire, Responsable Développement & Stratégie chez RegionsJob. « C’est également le moment de reformuler de manière courte votre bonne compréhension du poste et des attentes de l’entreprise, et de réitérer votre motivation »Ensuite, il est d’usage de relancer une semaine après l’entretien afin de savoir où en est le process de recrutement, puis 15 jours après cette relance si vous n’avez toujours aucune nouvelle.

+Méthodologie+

Enquête candidats : 6123 répondants

Enquête réalisée du 5 octobre 2015 au 26 novembre 2015 auprès des internautes du site RegionsJob.

Profils des répondants :

- 55,9% de femmes (3421)

- 44,1% d’hommes (2703)

Enquête recruteurs : 180 répondants

Enquête réalisée du 5 décembre 2015 au 20 janvier 2016 auprès des internautes professionnels du site RegionsJob (assistants RH, chargés de recrutement, RRH, DRH, Consultants RH, Dirigeants d’entreprise, et autres fonctions RH).

Typologie d’entreprises :

- Moins de 10 salariés  (23.4%)

- De 10 à 250 salariés  (46.7%)

- De 250 à 4999 salariés (18.6%)

- Plus de 5000 salariés (11.4%)

> Tous les résultats de l'enquête. Découvrez également notre article "Les candidats racontent leurs pires souvenirs en entretien d’embauche"

En complément


Partager cet article sur :

le 16/03/2016 par Priscilla Gout


En cliquant sur OK, vous acceptez les CGU


Plus d'actualités de l'emploi

Conseils d'emploi