Marché de l'emploi

Emploi : la France à l’horizon 2022

Emploi : la France à l’horizon 2022

L’institut France Stratégies a bâti différents scénarios économiques incluant le départ progressif à la retraite des baby-boomers. De 735.000 à 832.000 emplois seraient à pourvoir chaque année jusqu’en 2022.

Pour la troisième fois, France Stratégie, l’organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre, a rendu son travail de prospective sur l’évolution des secteurs d’activité et des ressources en main d’œuvre. Intitulé «Les emplois en 2022», ce rapport doit permettre d’anticiper le marché du travail de demain. Trois scénarios ont été bâtis permettant «d’apprécier les effets sur l’emploi par métier» selon que la France reste en situation de crise, en sorte progressivement ou connaît un redémarrage rapide de son économie.

800.000 emplois à pourvoir chaque année

Dans sa fourchette la plus basse, France Stratégie évalue le nombre d’emplois à pourvoir chaque année en France entre 2012 et 2022 à 735.000. Si l’économie est au contraire en forte croissance, ce seront 832.000 emplois qui seront alors à pourvoir. Quel que soit le scénario envisagé, la majorité des emplois seront liés au départ à la retraite des baby-boomers. Les créations nettes d’emploi seraient «seulement» comprises entre 115.000 et 212.000. En parallèle, le nombre d’actifs devrait progresser de 1,2 million en 10 ans, soit 29,5 millions de personnes à placer sur le marché du travail d’ici 2022. Un phénomène inverse à l’Allemagne où «la population active est sur une tendance décroissante».

Dans ces conditions, le départ à la retraite des baby-boomers suffira-t-il à faire reculer le chômage ? Si la croissance moyenne annuelle par an s’établit à 1,4%, il pourrait baisser à 7,9% contre 10,2% aujourd’hui. Mais si le scénario de crise envisagé se vérifie, seulement le chômage ne reculerait qu’à 9,7%... Autre facteur qui entre en jeu pour réduire le chômage : l’adéquation entre l’offre et la demande. Selon France Stratégie, la polarisation du marché du travail devrait encore se renforcer un peu plus. Ainsi, dans son scénario central, l’organisme estime que la part des cadres progressera de 40,8% de l’emploi total aujourd’hui à 42,5% en 2022. «Ce renforcement des métiers les plus qualifiés, porté par leur poids croissant dans chacun des secteurs d’activité se ferait principalement au détriment des ouvriers et employés qualifiés : ceux-ci représenteraient en 2022 moins d’un tiers des emplois, contre 38 % il y a vingt ans», détaille le rapport.

La carte de France devrait aussi évoluer en fonction des zones les plus dynamiques. L'Ouest devra particulièrement faire face à l'arrivée de nouveaux travailleurs.

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Quelle place pour les femmes, les jeunes et les seniors ?

Le recul de l’emploi dans les mondes ouvrier et agricole sera en partie stabilisé par la progression de l’emploi dans le secteur tertiaire. «Les créations d’emplois dans les métiers peu qualifiés d’aide à la personne et dans d’autres métiers de service (employés de l’hôtellerie-restauration, agents de gardiennage et de sécurité) compensant les destructions d’emplois d’ouvriers peu qualifiés», analyse France Stratégie. En parallèle, le marché de l’emploi devrait poursuivre sa «féminisation». La part des femmes dans la population active va ainsi passer de 38,3% en 1975 à 49,1% en 2022 contre 47,4% en 2012. Une évolution qui s’explique par le déclin de l’industrie et de l’agriculture mais aussi par «leur meilleure réussite scolaire» qui leur permet «d’accroître leur présence au sein des professions les plus qualifiées».

Autre population qui devrait tirer son épingle du jeu au cours des prochaines années : les jeunes diplômés. Et plus particulièrement ceux issus des filiales informatique, technicien du bâtiment, commerce, communication et information entre autres. Les moins diplômés bénéficieront aussi de la tertiarisation de l’économie. Ainsi les «perspectives d’augmentation des effectifs de vendeurs, coiffeurs-esthéticiens, cuisiniers et employés d’hôtellerie-restauration devraient aussi profiter aux jeunes débutants qui sont nombreux dans ces différents métiers, avec des niveaux de diplômes assez variés», selon France Stratégie.

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Si les jeunes pourraient s’insérer un peu plus facilement, les seniors pourraient connaître plus de difficultés. Malgré le départ à la retraite des baby-boomers, la part de seniors actifs devrait s’accroître de 1,5 million en 2022, passant de 27% à 30% de la population active. Si leur nombre augmente, les métiers les plus dynamiques «en termes de progression d’effectifs sont plus souvent en effet des métiers où les seniors occupent une place actuellement plus faible, comme les ingénieurs de l’informatique ou de la recherche-développement», souligne France Stratégie. Pour compenser cette inadéquation de l’offre et la demande, l’institut suggère des politiques volontaristes de recrutement ou de maintien dans l’emploi.

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le 28/04/2015 par Guirec Gombert


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