Marché de l'emploi

Difficultés d'insertion pour les Bac+8

Difficultés d'insertion pour les Bac+8

Avoir des diplômes c'est mieux pour trouver un emploi, mais être trop diplômé peu s'avérer handicapant. C'est le cas pour les doctorants (Bac+8) qui peinent de plus en plus à s'insérer sur le marché du travail après leur thèse. Une exception française très préoccupante pour l'avenir.

Depuis le début des années 2000, le chômage des doctorants (Bac+8) est beaucoup plus élevé que celui des diplômés de Master (Bac+5). 10% de taux de chômage pour spécialistes de la recherche contre 7% pour ceux qui sont moins diplômés. Une inversion paradoxale alors qu'il est de coutume de dire que les diplômes facilitent l'accès à l'emploi.

Sous-investissement dans la recherche
Pour le Centre d'Analyse stratégique qui a réalisé une enquête sur les "difficultés d'insertion professionnelle des docteurs", la raison de cette hausse "préoccupante" du chômage des docteurs ne tient pas au nombre trop important de ces sur-diplômés : 11.000 en 2007 toutes disciplines confondues, c'est bien en dessous de la moyenne des pays de l'OCDE. La cause du manque de débouchés s'explique à la fois selon le CAS par le "sous-investissement en recherche-développement" et le peu d'emplois disponibles dans le secteur privé pour ces doctorants. Le secteur public reste encore le principal débouché pour ces super-diplômés mais les choses tendent à s'équilibrer avec le privé.

Inégalités selon les disciplines
Autre constat, selon les filières, le taux de chômage des doctorants est très variable. "Certains groupes de disciplines présentent un taux de chômage plus faible que la moyenne : Droit, économie et management (8%) et Mécanique, électronique, informatique et sciences de l'ingénieur (6%) alors que certaines disciplines se caractérisent par un taux de chômage supérieur. C'est le cas de la Chimie (16%), et des Lettres et sciences humaines (11%)". Même si dans cette dernière discipline la situation s'est améliorée depuis début 2000.

Point positif tout de même en France par rapport aux autres pays de l'OCDE, les chercheurs qui trouvent un poste sont employés dans 75% des cas en CDI alors qu'aux Etats-Unis en République tchèque, en Allemagne en Belgique et en Espagne la proportion de CDI dépasse rarement 50%.

Image de la science
Il n'en reste pas moins que ce sous-emploi des doctorants français reste très pénalisant à long terme pour la compétitivité du pays. Le CAS le rappelle "le doctorat est un véhicule de l'image de la science et de la recherche auprès des jeunes", le peu de débouchés risque de remettre en cause l'intérêt pour ce type de formation mais surtout pénalise les capacités d'innovation des entreprises. Et au-delà les entreprises se privent de ressources humaines qui dépassent largement le cadre de la recherche.
Pour y remédier le Centre d'analyse stratégique propose quelques pistes comme "améliorer l'information sur les besoins de recrutements et sur l'insertion professionnelle des docteurs", "permettre à plus d'ingénieurs de préparer des doctorats" en associant étroitement les grandes écoles. Encourager le financement de thèses par les entreprises et reconnaître le niveau doctorant dans les grilles salariales permettrait aussi de revaloriser ces filières. Car c'est l'autre point noir pour les doctorants, ils ont plus de mal à s'insérer dans la vie active avec leur Bac+8 et, une fois en poste, ils sont souvent moins bien payés que les Bac+5...

Partager cet article sur :

le 13/08/2010


En cliquant sur OK, vous acceptez les CGU


Plus d'actualités de l'emploi

Conseils d'emploi